- Il existe officiellement 6 races de chiens japonais reconnues par la FCI, auxquelles s’ajoutent plusieurs autres races issues du Japon.
- Le Shiba Inu et l’Akita Inu sont les deux races japonaises les plus connues en France, mais elles ont des profils très différents.
- Les chiens japonais sont généralement indépendants, propres, loyaux — mais rarement faciles pour les primo-maîtres.
- Leur éducation demande de la cohérence, de la patience et une bonne connaissance de leurs codes comportementaux.
- Adopter un chien japonais, c’est accepter un animal qui ne sera jamais servile — et c’est précisément ce qui les rend fascinants.
Six races officiellement reconnues, des siècles de sélection au service de la chasse et de la garde, et une popularité mondiale qui ne cesse de grimper. Le chien japonais est bien plus qu’une tendance esthétique sur les réseaux sociaux. C’est un animal avec une vraie profondeur, une vraie complexité — et parfois, une vraie surprise pour ceux qui n’avaient pas mesuré ce qu’ils s’apprêtaient à accueillir.
Alors avant de craquer pour ce museau de renard ou cet air noble qui impose le respect, voici ce que vous devez vraiment savoir.
Les races de chien japonais reconnues : un héritage millénaire
La Fédération Cynologique Internationale (FCI) reconnaît officiellement 6 races de chiens japonais dits « Nihon Ken » : l’Akita Inu, le Shiba Inu, le Shikoku, le Kishu, le Kai et l’Hokkaido. Toutes partagent une origine commune : elles ont été sélectionnées pendant des siècles au Japon pour chasser le sanglier, le cerf ou même l’ours, selon les régions. Ce passé de chasseur autonome explique beaucoup de leurs traits de caractère actuels.
À ces six races s’ajoutent d’autres chiens d’origine japonaise moins courants en France : le Spitz japonais, le Tosa (un molosse impressionnant), l’Épagneul japonais ou encore le Terrier japonais. Autant de profils différents, autant de modes de vie à envisager.
Shiba Inu, Akita Inu : les deux stars japonaises face à face
Ce sont les deux races que l’on croise le plus dans les parcs parisiens, et souvent les plus mal comprises. On les confond parfois — à tort. Leurs points communs s’arrêtent à l’esthétique.
Le Shiba Inu : petit gabarit, grand caractère
Le Shiba Inu pèse entre 7 et 11 kg. Il est vif, curieux, propre comme un chat et totalement indépendant d’esprit. Ce n’est pas un chien qui obéit par amour inconditionnel — il obéit quand il a compris l’intérêt de le faire. Son célèbre « Shiba scream » (un cri strident qu’il pousse quand il est contrarié) a fait le tour d’internet. Ce que les vidéos ne montrent pas, c’est la constance qu’exige son éducation au quotidien.
Son prix d’achat en élevage se situe généralement entre 1 500 et 2 500 euros. C’est un chien pour les maîtres qui aiment les personnalités affirmées et qui ne cherchent pas un chien pot-de-colle.
L’Akita Inu : majesté et loyauté absolue
L’Akita Inu, lui, est un grand chien : entre 30 et 50 kg selon le sexe. Son histoire est indissociable de celle d’Hachiko, ce chien qui a attendu son maître décédé pendant neuf ans à la gare de Shibuya — une histoire vraie, documentée, qui en dit long sur le niveau de loyauté de cette race. L’Akita est digne, calme, peu démonstratif, mais d’une fidélité absolue envers sa famille.
Il peut être méfiant, voire dominant envers les autres chiens, surtout de même sexe. Son éducation doit démarrer tôt. Ce n’est pas un chien pour tout le monde. Mais pour les bons maîtres, c’est une relation d’une profondeur rare. Pour aller plus loin sur les races de grande taille et leurs spécificités, un article complet est disponible sur le site.
Les autres races japonaises que vous ne connaissez peut-être pas
Au-delà du duo Shiba/Akita, le monde des chiens japonais est riche. Voici un panorama des races moins médiatisées mais tout aussi remarquables.
| Race | Taille | Caractère dominant | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| Shikoku | Moyen (16-26 kg) | Énergie, agilité, instinct chasseur | Maîtres actifs, expérimentés |
| Kishu | Moyen (15-27 kg) | Calme, propre, réservé | Familles calmes, maîtres patients |
| Spitz japonais | Petit (5-10 kg) | Joyeux, sociable, vif | Familles, appartement possible |
| Hokkaido | Moyen (25-30 kg) | Courageux, endurance, fidèle | Maîtres sportifs, espace extérieur |
| Tosa | Grand (60-90 kg) | Puissant, calme, dominant | Maîtres très expérimentés uniquement |
Le Spitz japonais mérite une mention spéciale pour les familles en appartement : vif, propre, très expressif, il est souvent décrit comme un petit compagnon solaire. À ne pas confondre avec le Spitz nain allemand malgré leur ressemblance.
Ce que personne ne vous dit avant d’adopter un chien japonais
La vérité, c’est que les chiens japonais sont souvent adoptés sur un coup de coeur esthétique — et revendus ou abandonnés parce que le quotidien n’était pas au rendez-vous. Ce serait dommage d’en arriver là.
Voici ce qu’il faut intégrer avant de se lancer :
- Ce sont des chiens indépendants. Ils ne cherchent pas votre validation en permanence. Si vous attendez un golden retriever qui vous suit partout, passez votre chemin.
- Leur instinct de chasse est fort. En liberté, ils peuvent fuguer sans prévenir. Un jardin bien clôturé est souvent indispensable.
- Ils perdent beaucoup de poils. Les mues saisonnières du Shiba ou de l’Akita sont impressionnantes. Prévoyez une brosse adaptée et un aspirateur robuste.
- Leur éducation demande de la cohérence. Le renforcement positif (récompenser les bons comportements plutôt que de punir les mauvais) est la méthode qui fonctionne le mieux avec des races aussi fières. Ce n’est pas une option, c’est une nécessité.
- Certaines races sont très rares en France. Le Shikoku ou le Kai se trouvent difficilement chez des éleveurs sérieux. Méfiez-vous des annonces trop bon marché.
Si vous vous interrogez sur les aptitudes de gardiennage de votre futur chien, l’article sur le chien de garde et son éducation peut vous aider à mieux cerner vos besoins réels.
Comment choisir son chien japonais : les bonnes questions à se poser
Vous êtes convaincu. Vous voulez un chien japonais. Très bien. Mais lequel ? La réponse dépend de votre mode de vie, pas de vos préférences visuelles.
Évaluez votre expérience canine
Aucune des races japonaises n’est idéale pour un primo-maître isolé, sans accompagnement. Ce sont des chiens qui testent, qui observent, qui ont leur propre logique. Si vous adoptez votre premier chien, un suivi avec un éducateur canin dès les premières semaines est fortement recommandé — pas parce que vous êtes incompétent, mais parce que ces chiens méritent un maître armé.
Pensez à votre environnement
Un Shiba Inu peut vivre en appartement à condition d’être suffisamment promené — deux sorties longues par jour minimum. Un Akita ou un Hokkaido auront besoin de plus d’espace. Le Tosa, lui, n’a rien à faire dans 50 m² parisiens. Soyez honnête avec vous-même sur ce que vous pouvez offrir.
Privilégiez l’élevage sérieux ou l’adoption
Un élevage reconnu LOF (Livre des Origines Français) garantit une traçabilité sur la santé et le tempérament des parents. Certaines associations proposent également des chiens japonais adultes à l’adoption — une option souvent sous-estimée, et pourtant précieuse pour des chiens au caractère déjà bien formé. Pour comprendre ce que représente accueillir un animal en pleine conscience, l’article sur la gestation chez la chienne donne aussi un éclairage utile sur les premières semaines de vie du chiot.
Ce qu’il faut retenir
- Les chiens japonais forment une famille de races diverse : du petit Shiba Inu au massif Tosa, chaque race a son profil propre.
- Loyaux, propres et intelligents, ils sont aussi indépendants et exigeants — ce n’est pas un défaut, c’est leur nature.
- L’éducation cohérente par renforcement positif est non négociable avec ces races.
- Choisir son chien japonais, c’est d’abord faire une analyse honnête de son mode de vie, pas de ses coups de coeur.
Conclusion
Un chien japonais, c’est une relation qui se gagne. Pas un accessoire de style, pas un chien décoratif. C’est un animal qui vous observe, qui vous jauge, et qui finit par vous offrir une loyauté d’une intensité rare — à condition que vous ayez fait le travail.
Si vous êtes prêt à relever ce défi, vous allez vivre une des expériences les plus riches qui soit avec un chien. Posez vos questions en commentaire, explorez les autres articles du site, et surtout : prenez le temps de bien choisir. Votre futur toutou le mérite.
Questions fréquentes
Quel est le chien japonais le plus facile à éduquer ?
Le Spitz japonais est généralement considéré comme le plus accessible pour les maîtres moins expérimentés. Il est sociable, vif et réceptif au renforcement positif. Le Shiba Inu reste le plus populaire, mais son indépendance d’esprit le rend plus exigeant à éduquer.
Le Shiba Inu peut-il vivre en appartement ?
Oui, à condition de lui offrir deux sorties longues par jour et une stimulation mentale régulière. Le Shiba supporte bien la vie en appartement grâce à sa propreté naturelle et son calme relatif à l’intérieur — mais un chien sous-stimulé, quelle que soit la race, finira par poser des problèmes.
Combien coûte un chien japonais en France ?
Le prix varie selon la race et l’élevage. Un Shiba Inu LOF coûte entre 1 500 et 2 500 euros. Un Akita Inu entre 1 200 et 2 000 euros. Les races plus rares comme le Shikoku ou l’Hokkaido peuvent dépasser 2 000 euros, voire plus, en raison du peu d’éleveurs disponibles en Europe.
Les chiens japonais sont-ils bons avec les enfants ?
Cela dépend de la race et de la socialisation. Le Spitz japonais est réputé joueur et patient. L’Akita, en revanche, tolère moins bien les manipulations brusques et convient mieux aux familles avec des enfants plus grands. Dans tous les cas, la socialisation précoce et la supervision restent indispensables.
Quelle est la durée de vie d’un chien japonais ?
La plupart des races japonaises ont une espérance de vie de 12 à 15 ans. Le Shiba Inu est particulièrement réputé pour sa robustesse et sa longévité. L’Akita Inu, plus grand, a une durée de vie légèrement plus courte, autour de 10 à 13 ans. Un suivi vétérinaire régulier et une alimentation adaptée restent les meilleurs atouts pour une vie longue et en bonne santé.





